vendredi 26 novembre 2010

Ce n'est qu'un au revoir

vendredi 26 novembre 2010 38
Aujourd'hui, je suis officiellement dans la quarantaine des quarante ans...

Pis fuck les prêtres.

Comme par magie, cette semaine, la vie m'a donné un cadeau d'anniversaire: Un emploi. Un concessionnaire Toyota m'a essayé comme vendeur pour trois jours.

J'ai vendu cinq voitures et j'ai même eu le numéro de téléphone d'une petite grosse en chaleur. Le boss a été fucking stupéfait.

À ma grande surprise, j'ai réalisé que j'avais une grande gueule et que mon manque d'inhibition aidait ma cause. J'ai découvert que je suis un excellent vendeur, tout ce qu'il faut faire c'est crosser un peu les gens.

Pis je suis bon là-dedans. Je suis maintenant un fier représentant Toyota, mon complet a même la senteur d'un sapin sent bon à odeur d'épinette.

J'ai été voir la maison qu'Aline m'a légué à St-Philippe-De-Gosford. C'est pittoresque, loin d'être à la mode, mais chaleureux. Comme c'est aussi la maison de ma fille Miguita, j'ai décidé que j'irais m'installer là-bas. C'est à quarante minutes de mon boulot, mais c'est pas grave, je crois que Miguita aimera mieux une maison en campagne que mon petit quatre et demi à Brossard.

Avec une partie du 25,000 dollars de l'héritage, je vais acheter une mini-van et dépenser trois mille dollars en cadeau de Noël pour mon ange.

Cette enfant va adorer m'avoir comme père.

(Silence)...

Dix-huit mois ont passé depuis le début de ce blogue. Dix-huit mois difficile où j'ai vécu toutes sortes d'aventures mais surtout, un dix-huit mois où j'ai pris le temps de me découvrir grâce à vos conseils et commentaires tout au long de ce périple.

Finalement, ce que je cherchais n'était pas l'amour en tant que tel, mais un but. Un but dans la vie.

Pis maintenant je l'ai trouvé.

Je suis un père, je vais m'occuper de ma fille Miguita. Je sais pourquoi j'existe, je connais mon avenir, la destinée du destin m'a enfin comblé.

Ma traversée du désert est terminée, je ne dérive plus, j'ai un phare pour me guider.

C'est tout ce que ça me prenait.

À partir du six décembre, jour de l'arrivée de mon amour, je vais élever un enfant d'une manière responsable.

Je ne ferai rien d'autre.

Si une femme apparaît dans ma vie, ce sera par hasard, nos chemins se croiseront naturellement, je ne forcerai plus les rencontres et surtout, je ne tenterai plus de trouver quelqu'un simplement pour éjaculer dans son visage ou payer mes nombreuses dettes. Ce n'est plus ma quête.

Si je trouve une femme, peu m'importe si elle a plus de trente ans et qu'elle soit grassouillette, ce sera avant tout une femme qui nous aimes, ma fille et moi.

Il est là, l'essentiel.

Oui, ok... Bien-sûr... Si elle a un bon compte en banque, c'est encore mieux. Jeune ce serait bien. Belle aussi. À la mode serait parfait.

(Soupir embarrassé)...

C'est ici que se termine, pour vous, l'histoire de Patrick Duval. Pour moi, elle ne fait que réellement commencer.

Une nouvelle attitude, des nouveaux défis et un horizon différent qui se dessine. C'est l'ère du changement.

J'ouvre un nouveau chapitre.

Je trace un trait sur le passé.

Sauf pour une chose...

(Long, très long silence)...

Je n'accepterai pas une femme qui ne pratique pas la sodomie dans le cul...

FIN







Je remercie du fond du coeur tous les lecteurs anonymes ou pas, tous les nouveaux amis qui enrichissent maintenant ma liste d'amis Facebook, tous ces échanges de clavier et toutes ces marques d'affections dont vous m'avez chaleureusement couvert.

Ce fut mon premier blogue et s'il a été un succès c'est grâce à vous. J'ignore encore si je vais en ouvrir un nouveau, pour l'instant, je prends un break, les contrats d'écriture se multiplient, des projets commencent à se concrétiser, je mets mes énergies ailleurs.

Cela dit, je cherche aussi une maison d'édition pour la version roman de Patrick Duval, un manuscrit où j'ai mis beaucoup d'heures et qui se retrouvera sur les tablettes d'un libraire un jour, j'en suis convaincu. Je vous tiendrai au courant des développements.

Merci encore de m'avoir suivi dans ma folie. Je sais que des fois j'ai trop exagéré les histoires, le deuxième degré de quelques billets n'était pas clair, des situations n'ont jamais eu de suite ou des anomalies se sont glissées dans l'évolution du blogue, mais il ne faut pas m'en vouloir. J'ai utilisé ce blogue pour acquérir une discipline d'écriture, apprendre à faire confiance à ma créativité et pour m'habituer à exploiter des personnages et une histoire à long terme. J'ai fait ma propre école.

Maintenant que j'ai la piqûre et une bonne discipline, je vais conquérir le monde!

Je vous jure qu'un jour, vous entendrez parler de moi à nouveau (pis vous direz: "Heille, c'est Pat Duval, un auteur talentueux de talent!!!).

Patrick Courval
Auteur diplômé de l'École Nationale de l'humour
Membre fondateur du collectif d'auteurs Les travailleurs du texte

P.S: Allez, tous ensemble, pour une dernière fois: What the fucking fuck???

jeudi 18 novembre 2010

La renaissance

jeudi 18 novembre 2010 26
Oui… J’ai dû hachurer le mot « FIN » du dernier chapitre.

Parce qu’il s’est passé quelque chose. Il y a deux jours.

J’ai été convoqué au palais de justice.

Ça m’a rendu nerveux de nervosités...

Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre, je pouvais pas voir ce que j’avais fait de mal pour être traduit en justice.

Bref…

Une dame m’a escorté jusqu’à une salle de conférence où se trouvait déjà quatre personnes assises autour d’une grande table rectangle de forme rectangulaire...

À droite de la table, il y avait un petit vieux en costume gris. Au bout, se tenait un petit vieux en toge noire. À gauche, on trouvait un petit vieux en chaise roulante et une petite vieille avec un chapeau.

Mais qu’est-ce que je venais foutre ici, à cette réunion où la sénilité semblait être le point commun de tout le monde???

Le vieux en costume gris s’est levé.

- Monsieur Duval? M’a-t-il demandé.

- Oui, c’est moi.

Il a désigné une chaise à ses côtés.

- Assoyez-vous, je vous prie.

Je me suis assis en face de la vieille au chapeau.

- C’est votre portrait tout craché, m’a-t-elle affirmé.

Je n’ai pas compris ce qu’elle a voulu dire. Mais de toute façon, qui comprend vraiment les petits vieux?

L’ancêtre au costume gris m’a regardé et pris la parole : « Je me nomme William Dansereau, notaire. Nous vous avons convoqué aujourd’hui concernant le testament d’Aline Charbonneau. »

What the fucking fuck???

- Le testament d’Aline Charbonneau? Mais… Qui est Aline Charbonneau???

Tout le monde s’est regardé incrédule sauf la petite vieille qui m’observait avec un gentil sourire.

- Vous risquez d’avoir un choc, monsieur Duval, a continué le notaire.

- Un choc???

- Vous êtes l’héritier d’une petite maison à St-Philibert-De-Gosford, un petit village à une heure trente de Montréal, ainsi que d’une somme de 25,000 dollars.

Effectivement, je fus sous le choc.

Mais qui était cette fée si généreuse de générosité???

- Je ne comprends pas… Qui est Aline Charbonneau?

Le notaire a regardé la petite vieille qui portait toujours son tendre sourire.

Elle m’a pris la main doucement et a désigné le vieux en chaise roulante assis à côté d’elle. Son sourire s’est quelque peu effacé.

- Aline est notre fille. Malheureusement, elle est décédée dans un accident de la route, le mois dernier.

La vieille a arrêté son discours pour me caresser le visage.

- C’est incroyable, la petite vous ressemble tellement, a-t-elle ajouté.

J’ai commencé à m’impatienter. Qui est Aline Charbonneau, bordel???

- Je suis désolé… Je ne connais pas votre fille.

- Oui, vous la connaissez. Il y a presque un an et demi, vous avez eu une relation avec elle.

Une bonne cinquantaine de visages ont passé à travers mon esprit sans replacer cette Aline.

Puis…

Un éclair a atteint mon cerveau. Un visage est apparut. J’ai soudainement vu Aline Charbonneau dans ma tête.

(Soupir)…

C’est la grosse connasse qui m’avait violé dans la ruelle à la « Soirée destin ». Un mauvais souvenir qui refuse de s’effacer.

- Vous voulez dire que la grosse Aline m’a légué sa maison et 25,000 dollars???

Le notaire a eu l’air mal à l’aise.

- Oui, enfin… À une condition, a-t-il dit.

Je le savais, c’était trop beau pour être vrai.

La condition devait être impossible.

Je me suis mis à rire.

- Hahaha! Ok… Quel est la condition? Que je marche sur Mars? Que je trouve Ben Laden? Que je rase la crinière d’un lion enragé en portant une robe en steak???

Personne n’a ri.

La vieille m’a encore caressé la main.

- Vous devez simplement vous occuper de votre petite fille.

(Très long silence macabre. Oui, macabre)…

- Ma… Ma fille?

- Elle a votre visage, c’est étonnant, a ajouté la vieille.

- Ma… Ma fille?

- Aline nous a tout raconté. Vous vous êtes rencontrés à une soirée de célibataires, ensuite vous avez couché ensemble puis vous êtes parti, a-t-elle continué.

- Ma… Ma fille?

- Vous ne pouviez pas savoir qu’Aline était enceinte quand vous l’avez laissée tomber. Je ne vous en veux pas, l’amour ne se commande pas. Ma fille mourait d’envie d’avoir un enfant, elle a tenté pendant quinze ans de tomber enceinte et vous êtes le seul à y être parvenu. Une grossesse à quarante-quatre ans n’est pas évidente, mais le bonheur de voir enfin son rêve se réaliser lui a permis de passer au travers sans complication. Vous êtes en partie responsable de ce bonheur.

- Ma… Ma fille?

- Oui, votre fille. Elle est magnifique, elle a maintenant presque six mois.

J’ai une petite fille???

J’AI UNE PETITE FILLE????????

Le notaire a poursuivi : « Comme vous êtes inscrit sur le certificat de naissance de la petite comme étant le père, la garde de l’enfant vous revient de droit. »

J’ai eu la mine basse.

Il était trop tard pour avoir un bébé. Dans une semaine, j’entre chez les moines.

- Je suis désolé… Je… Je ne veux pas d’enfant, j’ai d’autres projets.

Le visage de la petite vieille est devenu vraiment triste.

- Je vous en prie, monsieur Duval, acceptez. Mon mari est en chaise roulante, j’ai déjà peine à m’occuper de lui, je n’ai plus la force d’élever un enfant. Je ne veux pas voir la petite grandir dans un centre, je vous en supplie, prenez soin de votre enfant. Je vous aiderai de mon mieux!

J’ai réfléchi.

Une maison dans un village, 25,000 dollars et une petite fille. Voilà des éléments qui peuvent changer une vie, me faire oublier les femmes un peu et m’éloigner du clergé en plus.

- Où est la petite, ai-je demandé.

- Dans un centre de la petite enfance. La DPJ s’en occupe, a dit le notaire.

- Je veux la voir.

Encore une fois, tout le monde s’est regardé incrédule.

Le vieux en toge a alors pris la parole : « Je suis le Juge Dubreuil, monsieur Duval, c’est moi qui autorisera si vous pouvez avoir la garde de votre fille ou pas. Pourquoi voulez-vous la voir? Qu’est-ce que cela changera à votre décision? »

Lentement, j’ai regardé tout le monde. J’ai pensé mentir, mais j’ai décidé de dire la vérité.

D’être honnête d’honnêteté…

- C’est ma fille… J’ai simplement envie de la voir au plus sacrant.

Le juge a souri. Ma réponse avait tapé dans le mille. Il s’est tourné vers le notaire.

- Monsieur Dansereau, vous allez conduire monsieur Duval au centre pour qu’il puisse enfin voir sa fille. Vous avez une heure, a dit le juge.

- Merci, votre honneur honorifique, ai-je lancé.

Le juge m’a fixé gravement : « À votre retour, monsieur Duval, je veux savoir votre décision. »

Quelle merde.

J’ai eu l’impression d’avoir un revolver sur la tempe.

Le notaire et moi sommes partis en direction du centre de jeunesse en Mercedes de l’année.

Quand même payant le métier de notaire, j’ai regretté un instant de ne pas avoir fait d’études en notoriété…

Nous sommes arrivés dans le vestibule du centre. William Dansereau a parlé quelques secondes avec une préposée puis est revenu vers moi.

- Ils vont aller chercher le bébé, m’a-t-il annoncé.

Après quelques minutes, la porte s’est ouverte et une dame est arrivée avec ma progéniture dans les bras.

J’ai eu le souffle coupé.



La petite avait un large sourire, de grands yeux bruns, de petits cheveux marrons, c'est vrai qu'elle me ressemblait. Un visage plus brillant qu’une auréole. Ses minuscules joues rondes donnaient envie de les croquer, de les caresser, de les embrasser. Elle semblait si vulnérable, je voulais la protéger, entretenir son innocence, être son modèle, cette petite était trop mignonne, j’étais en amour.

Mais pas en amour comme avec une femme, bande de nuls. Non, en amour comme un père. Cet amour, le plus puissant jamais vécu, a brisé quelque chose en moi: La peur de prendre mes responsabilités. C'est la magie des bébés.

Je l’ai prise dans mes bras, elle m’a empoigné le nez, j’ai ri.

Elle a ri aussi.

Nous avions déjà une connexion.

De toute évidence, sans le moindre doute, cette petite fille était…

La femme de ma vie.

(Silence)…

Après quelques minutes, à contre cœur, j’ai remis mon bébé à la préposée.

J’en tremblais encore. Je venais de vivre la plus belle émotion de toute ma vie.

- Alors? A demandé le notaire.

- Je crois que j’ai trouvé la femme de ma vie.

Le notaire a ri. Moi, j’ai reniflé mes mains encore imprégnées de l’odeur de mon enfant.

- Vous venez d’attraper le virus communément appelé « papa ». J’ai deux enfants moi-même, le sentiment est extraordinaire.

Il ne pouvait pas choisir un meilleur mot.

- À propos… Comment s’appelle-t-elle? C’est stupide, avec tout ça, j’ai oublié de demander son nom, ai-je questionné.

Il a ricané, un peu gêné.

- Vous savez, Aline aimait beaucoup les trucs exotiques. Si vous n’aimez pas le prénom de la petite, vous pouvez entreprendre des démarches pour le changer.

- C’est quoi son nom? Ai-je encore demandé, impatient.

Il a soupiré.

- Miguita. Miguita Charbonneau.

*Photo: http://www.i974.fr/reunion.php/Actualites

mardi 16 novembre 2010

La fin

mardi 16 novembre 2010 24
C’est la fin de la finale, mes amis…

Plus que dix jours avant mon anniversaire.

Demain, je m'en vais porter mon CV au curé de ma paroisse.

Hier, ma mère a tenté de me dissuader d’entrer chez les prêtres, Vincent m’a traité de gay et ma soeur Stéphanie a paradé toute la soirée avec son nouveau manteau de fourrure.

Pas de quoi en faire un billet.

J’ai aussi croisé Joanie et Jason au club vidéo, occupés à s’embrasser dans l’allée des comédies romantiques. Heureusement, ils ne m'ont pas vu.

Probablement qu'ils m'auraient encore envoyé chier à cause de l'histoire du chat de Joanie.

Dire que ma place est censée être celle de Jason.

Joanie est vraiment conne.

(Soupir)...

Alors, voilà. C’est la fin.

En ce 16 novembre 2010, j’accroche mes condoms. Terminé la chasse aux femmes. Le destin a décidé que moi, Patrick Duval, n’a pas droit à l'amour.

J’ai de longues années à faire comme moine avant de devenir prêtre. Le chemin ne sera pas facile mais, au moins, je ne penserai plus aux filles.

Mon célibat sera maintenant normal aux yeux de tous.

J’aurais aimé vous donner une fin heureuse. Comme à Hollywood.

J’ai essayé.

Mais j'ai pas les moyens d'avoir une famille.

(Silence)...

J'ai plus envie de rire, maintenant.

La destinée de mon destin ne peut plus changer, il ne reste qu'une dizaine de dix jours, je vais finir ma vie sans avoir eu la femme de ma vie...

Merci de m'avoir lu.

FIN


 
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