(Mon répondeur) : Vous êtes bien chez Patrick Duval, veuillez laisser un message pis je vais peut-être vous rappelé.
Biiiiiiiiiiip!(Voix dans le répondeur) : Bonjour monsieur Duval, Réjean Germain de Visa Canada, veuillez nous contacter dans les plus brefs délais, c'est au sujet de vos retards de paiements. Au revoir.
Fuuuck!
J'avais soudainement plus envie de ma branlette matinale quotidienne...
(Une heure plus tard)...
J'étais en train de manger des Froot loops en lisant un livre...
Le téléphone a encore sonné.
J'ai hésité à répondre, j'étais en plein milieu de l'intrigue de l'histoire, j'allais enfin savoir si Archie allait choisir Betty ou Veronica...
Puis mon répondeur a démarré.
(Mon répondeur) : Vous êtes bien chez Patrick Duval, veuillez laisser un message pis je vais peut-être vous rappelé.
Biiiiiiiiiiip!
(Voix dans le répondeur) : Ici Mastercard, monsieur Duval. Veuillez nous rappeler, c'est urgent. Bonne journée.
Ça m'a soudainement un peu stressé.
Adieu la branlette d'après-midi...
(Une autre heure plus tard)...
Le téléphone a, encore une fois, sonné.
Cette fois-ci, j'ai continué à regarder L'île de Gilligan à la télé sans me soucier du téléphone.
(Mon répondeur) : Vous êtes bien chez Patrick Duval, veuillez NE PAS LAISSER de message, svp.
Biiiiiiiiiiip!
(Voix dans le répondeur) : C'est la Banque de Montréal, pis on te laisse un message pareil...
J'ai paniqué.
J'ai mis mon manteau, appelé un taxi pis je suis parti voir Louise, ma conseillère du syndic de faillite.
Au diable la branlette de la soirée...
J'ai défoncé la porte de son bureau en catastrophe, au prise avec une sévère crise d'angoisse pis une méchante érection...
(Moi, sur la panique) : Les banques et les compagnies de crédit menacent de me casser les jambes! Je capote! Ils me laissent même des messages quand je leur dis de pas m'en laisser!!!
(Louise) : Calmez-vous. La procédure de saisie prend quelques semaines, c'est plein de technicalités bureaucratiques. Vous pourrez peut-être vous en sortir.
Ça, c'était réconfortant.
Un peu comme quand ma mère me disait en me caressant les cheveux, sur un ton doux de maman qui cache son incompréhension : "Tu sais Ti-loup, à onze ans, on suce plus son pouce. Tu arrêtes ou je le dis à tous tes amis".
Le lendemain, j'étais guéris. Sacré maman!
(Moi, souriant à Louise) : J’ai quelques femmes sur ma liste. Il va me falloir, justement, quelques semaines pour en amadouer une. C’est parfait!
Louise était pas contente. On aurait dit Soeur Angèle qui rate un pâté chinois en direct à la tv...
(Louise) : Non, c’est pas parfait ! Tout ce que vous vous ferez saisir sera irrécupérable. Si vous aviez pas augmenté vos limites de crédit sur vos cartes, votre faillite serait déclarée depuis longtemps. Maintenant, il faut encore attendre huit semaines et prendre un risque.
Je suis comme redevenu inquiet.
(Moi) : J’aime pas le mot risque… me semble qu'ils capotent pas mal, je leurs dois à peine 75,000 piasses. Ils sont pire que les femmes!
(Louise) : Un homme responsable vit avec les conséquences de ses actes. Les femmes sont en train de vous rendre fou, il faut vous ressaisir!
Je suis tombé dans la lune...
(Moi, avec un peu de bave sur le bord de la bouche) : Les femmes…
(Silence)...
(Louise) : Qu’est-ce qui est arrivé avec votre ex blonde, Mélissa ? Celle qui allait devenir la mère de vos enfants.
(Moi) : J’ai fait une erreur... J’ai annoncé ma faillite prématurément trop vite. Elle était pas prête ou… c’était pas la perle rare que je recherche.
Louise a regardé par la fenêtre.
(Louise) : Vous savez, monsieur Duval, pour trouver une perle rare… Il faut en être une soi-même.
(Soupir)...
Crisse de conne!
Un conseillère en faillite qui se la jouait psychologue.
Aussi bien voir un chef cuisinier réparer des mufflers...
Je dois encore attendre huit semaines avant de déclarer faillite officiellement. D'ici-là, pas question de répondre au téléphone.
Pis je dois me trouver une blonde au plus sacrant.
Elle va pouvoir m'aider à payer mes dettes...
(Silence)...
C'est l'heure de la branlette...
*Photo: http://stanford.wellsphere.com/happiness-article/financial-fitness/622111


