jeudi 13 mai 2010

La sagesse d'un donneur de leçons

jeudi 13 mai 2010
Quelqu'un a cogné aux petites heures matinales du matin...

J'ai répondu.

(Moi) : Maman???

Elle est entrée sans me dire bonjour, d'un pas décidé. J'ai refermé la porte.

(Moi) : Mom... il est à peine 13h.

Elle s'est assise sur le sofa, l'air bête.

(Ma mère) : Je peux pas croire que j'ai un fils aussi paresseux, va falloir que tu changes!

Fuck you!

(Moi, un peu irrité) : C'est pas ma faute, je suis un couche tard, je travaille jusqu'à minuit!

(Ma mère) : Va prendre une douche, habille-toi, tu viens avec moi.

(Soupir)...

Parfois, j'ai l'impression que Dieu lui-même est contre moi.

Un après-midi avec ma mère est plus souffrant que de se faire trancher la main dans une hélice de tondeuse.

(Moi, cherchant l'excuse parfaite) : Ouais... euh... c'est parce que... le voisin veut que je donne un lift à sa chatte chez le vétérinaire.

Ma mère m'a regardé comme on regarde un gars qui vient d'inventer une des excuses les plus minables au monde.

(Ma mère) : Aujourd'hui, Vincent peut pas m'accompagner au cours de danse à cause de son mal de dos. Pas question que je rate une séance, tu vas venir avec moi, c'est un ordre.

Sérieusement, elle croyait que son régime de terreur fonctionnait encore, comme quand j'étais petit.

Elle avait pas tort.

En dix minutes, j'étais douché et habillé, dans la Jaguar de maman.

J'ai essayé un dernier argument avant d'arriver. J'ai voulu jouer sur son orgueil.

(Moi) : J'ai jamais dansé une danse de ma vie, je vais vraiment te faire honte!

(Ma mère) : C'est pas grave, on commence une nouvelle danse aujourd'hui. La salsa.

Rien à faire.

Dans quelques minutes, j'allais me transformer en Ricky Martin wanna be devant une bande de petits vieux qui pensaient sûrement que la salsa c'est meilleur avec des nachos.

On est entré dans le gymnase d'une école primaire. Des couples étaient déjà arrivés, moins vieux que je croyais.

On s'est approché d'une dame fin cinquantaine et d'une fille d'environ mon âge.

La fille n'était pas laide. Les cheveux noirs, l'air un peu bourgeoise, snob à la limite. On se dévisageait pendant que nos mères se parlaient.

(Ma mère) : Bonjour Nicole, bonjour Fanny.

Fanny...

La fille s'appelait Fanny.

Je déteste Fanny.

J'ai un traumatisme. Depuis Chambre en ville.

Fanny, c'était la grosse qui faisait de la coke pour maigrir.

Depuis, dès que je prononce le nom de Fanny, cette fille apparaît dans mon esprit.

Je pourrais jamais faire l'amour avec une Fanny.

Fuck you, Chambre en ville.

Ma mère et Nicole ont bavardé quelques minutes et le prof est arrivé.

Ça m'a tout prit pour pas rire.

Un genre d'Antonio Banderas mais avec le corps de Woody Allen. Vous auriez ri vous aussi.

Ma mère s'est approchée de moi, l'air étrangement excité.

(Ma mère, en chuchotant) : Alors? Comment trouves-tu Fanny?

Je m'en doutais!

Elle m'avait apporté ici pour me matcher avec une fille!

(Moi) : Maman! Je t'ai dit mille fois d'arrêter d'essayer de me trouver une blonde! Je suis certain que Vincent a même pas mal au dos!

Elle s'est fâchée.

(Ma mère) : Non, il n'a pas mal au dos! Je veux que tu me fasses des petit-enfants avant ma mort! Fanny est parfaite pour toi, elle est divorcée depuis deux ans, elle est avocate pour une grande compagnie d'assurance et elle a même un condo dans le Vieux-Montréal.

Je me sentais, soudainement, comme un crisse de loser.

(Moi) : Voyons... je suis pas digne d'avoir un vagin en or.

(Ma mère, en soupirant) : On dit : Une fille en or.

Whatever...

(Moi) : Les filles qui trippent sur moi sont plus du type Hochelaga qu'Outremont.

Les yeux de ma mère se sont illuminés.

(Ma mère) : Fanny a 32 ans, sa mère m'a dit qu'elle mourait d'envie d'avoir des enfants mais elle n'a pas le temps de rencontrer des hommes à cause de son travail, c'est une carriériste à succès, il faut que tu profites de son horloge biologique... (en chuchotant vraiment bas) il parait qu'elle n'a pas fait l'amour depuis deux ans!

QUOI???

Pauvre fille. Je l'ai regardé un instant, imaginant l'épaisseur de la toile d'araignée de son entre-jambe.

(Moi) : Je vais peut-être lui parler après le cours, mais je te promets rien. 32 ans, je la trouve un peu vieille.

Ma mère a souri.

(Ma mère) : Pour lui parler, tu vas lui parler.

J'ai pas trop compris ce que ma mère voulait dire, Woody Banderas nous a interrompu.

(Le prof) : Bonzour, zé souis célouis qui va vous enseigner la salsa. Mon nom est Domingo Sanchez Del Cazar.

Wow!

Ça c'était un nom cool.

Pas comme Fanny.

Le cours a commencé, je me débrouillais pas trop mal. La salsa, c'est pas super difficile de difficultés...

Quand tout à coup, Nicole a crié de douleur.

Tout le monde s'est arrêté brusquement. Nicole, par terre, se tenait le pied.

(Fanny) : Ça va, maman?

(Nicole) : Je me suis foulé un nerf sciatique dans le pied!

Ma mère, Fanny et moi, on a empoigné Nicole. Dans le corridor menant à la sortie, maman s'est retournée vers moi.

(Ma mère) : Pat, continue le cours avec Fanny, je vais emmener Nicole à la clinique!

(Fanny) : Non, c'est correct, je vais y aller.

Nicole, dans la douleur, a regardé sa fille.

(Nicole) : Noooooon! Reste ma fille, reste. Comme ça, tu me montreras le reste des pas de danse à la maison.

Elles ont disparu.

Ça sentait l'arnaque à plein nez.

Je connais ma mère, je savais que tout ceci n'était qu'une mise en scène pour que je me rapproche de Fanny.

J'ai regardé la fille de Nicole.

(Moi) : Bon ben... on continue ensemble?

Fanny a soupiré, elle semblait pas super emballée, elle m'a regardé de haut en bas, un peu dégoûtée.

Je m'y attendais mais ça m'a quand même un peu véxé.

(Fanny) : Je vais rentrer, j'ai plus envie de danser de toute façon.

Elle a dit ça en faisant la moue. Comme si j'étais une merde, un moins que rien, un ver blanc sur un vieux t-bone.

Elle a disparu derrière la porte de sortie.

Ça m'a motivé. J'avais soudainement envie de la baiser, mais surtout, de la dominer. Elle avait pas tous les critères d'une femme parfaite, mais elle avait une attitude qui donnait envie de lui montrer qui était le maître.

En l'occurence, moi.

Après tout, je suis un homme. Non?

Elle était dehors, à côté de sa BMW, je l'ai rejoint à la course.

(Moi, essouflé) : Je voulais juste te dire que j'ai pas envie de danser avec toi, moi non plus.

J'ai ouvert mon porte-feuille, j'ai sorti une carte d'affaire que j'ai tendu vers elle.

(Moi) : Il y a mon numéro de cellulaire sur la carte. Je sais que t'as pas les critères d'une femme parfaite, même que je te trouve pas super belle mais je pense que tu mérites une chance. Appelle-moi pour qu'on aille souper.

Elle m'a regardé, l'air de dire : T'es un con ou quoi???

(Fanny) : Je fréquente pas les losers.

Wow!!! Celle-là n'allait pas être facile à dresser.

Vraiment, elle m'excitait. J'avais devant moi un beau défi, un grand challenge et qui sait? Cette fille était peut-être la femme de ma vie.

En plus, elle assurait mes vieux jours, elle allait éponger la totalité de mes dettes.

Oui. Je voulais cette femme. Pour le côté pratique mais aussi pour donner une leçon d'humilité à cette snob.

Elle a embarqué dans sa voiture, j'ai retenu la portière.

(Moi) : Les losers sont pas chirurgien plastique.

J'ai fait un signe de tête vers la carte qu'elle tenait toujours dans ses mains.

(Fanny, en regardant la carte) : Chirurgien plastique??? Ma mère m'a dit que tu étais serveur dans un restaurant italien.

Je suis parti à rire. C'est fou le pouvoir d'une simple carte.

(Moi) : T'as sûrement mal compris, je POSSÈDE un restaurant italien.

Elle m'a regardé perplexe. J'en ai profité pour placer une réplique fatale.

(Moi) : Ne rate pas ta chance, je serai pas célibataire toute ma vie.

Elle a haussé les épaules.

(Fanny) : Je vais t'appeler si j'ai vraiment rien à faire... Docteur.

Elle a fermé sa portière et disparue dans un nuage de poussières.

Elle fait sa dure, mais je sais qu'elle va appeler.

Elle croit que je suis dans sa ligue.

Je vais la fréquenter puis, quand elle sera vraiment amoureuse, je vais la marier pour ensuite lui montrer qu'elle a épousé un loser serveur dans un restaurant!

HAHAHA!!! In your face, bitch!

L'ironie de la vie!!!

Ne vous avais-je pas dit que j'allais lui donner une leçon d'humilité?

(Silence)...

Ma mère est arrivée en voiture à ce moment, derrière moi. J'ai embarqué.

(Moi) : Déjà revenu de la clinique?

(Ma mère) : Disons que Nicole a miraculeusement guérie... Pis? Est-ce que je vais avoir des petit-enfants?

(Moi) : Si tu me prêtes ta Jaguar pour les prochaines semaines, j'ai des chances.

Elle a soupiré.

(Ma mère) : Qu'est-ce que ma voiture vient faire là-dedans???

J'ai soupiré à mon tour.

(Moi) : Je lui ai dit que j'étais chirurgen plastique, pour être certain qu'elle m'aime.

Elle m'a regardé en souriant tendrement.

(Ma mère) : Garde ma voiture le temps qu'il faudra.

À suivre...

*Photo: http://www.tvafilms.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=425

10 commentaires:

Solosesso

Hahaha ! XD... Faut bien que notre cher Pat Duval retienne de quelqu'un !

Solly

Ahah, ouais! Je suis d'accord! Hilarant tout de même xD Je suis curieuse de savoir si tu la reverra, la Fanny!

ramblings

T'aurais du la donner à Domingo, ta carte d'affaires de Chirurgien plastique. Lui y aurait même pas essayé de démontrer de l'indifférence. Tu l'aurais eu drette là.

Solly

Tu pense que Domingo est facile? xD

ramblings

Ben... Oui.

Y parle sus l'bout d'la langue, y a une grande face d'Antonio sur un p'tit corps de Woody, pis j'suis sure qui mets des souliers pointus.

Fumoffu

LOl, j'ai ben hâte de voir la suite !! Je hais les snobs...c'est à cause de filles comme ça qu'on passe toutes pour des bitchs ! Après le mariage, rappelle lui que si y'avait pas de serveur dans un resto italien, elle pourrait pas aller y manger !!!

Newton

Woah une jag. Trop hot, fuck la fille pis part sur una fiesta por favor! Si tu mets un banc de bébé dedans avec une photo de kid sur le miroir, tu vas te ramasser des chicks de la mort.
Pat Duval à la chick de la mort: « Non, j'ai pas mon fils cette semaine, je l'ai une fin de semaine sur deux parce que je travaille beaucoup mais je m'ennuie c'est sur. J'aimerais tellement ça le voir plus souvent...mais ça s'en vient parce que je m'en viens indépendant de fortune».

Et si ça marche avec une des chicks: « La folle s'est sauvé en Afghanistan avec mon fils, il le recherche mais je suis pas sur qu'il vont les retrouver un jour...bouhouhouh!». Et elle te berce doucement sur sa poitrine ardente!

Bon plan!

Newton

Mouhahahaha! *rires diaboliques et comploteurs*

Une femme libre

Telle mère, tel fils ou plutôt tel fils, telle mère! Pas si pire d'avoir la voiture comme bonus de séduction, quand même.

unautreprof

en lui donnant ta carte, tu aurais pu être plus chien et lui dire aussi que tu lui ferais un prix d'ami si elle avait besoin de tes services...

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